zecchin_montp.jpg12 mars 2010 à Montpellier. En parcourant l'Esplanade je tombe sur une expo de photos au Populaire. Des grandes images vous invitent à entrer et je regarde sans beaucoup d'intérêt, plein comme je l'étais d'autre vision du monde, ou du corps humaine, enfin celle de Jean Rauox. Mais soudain cette photo de trois femmes entourant un cadavre, le petit ruisseau de sang sur le pavement, le lac épaisse obscure, scène d'un gris sec, prochain, intime. Je recule pour mieux voir peut-être, pense à prendre ma propre photo de l'image du sacrifice inutile et tout à fait accepté, comme le soleil dur et ces après-midi lentes et sans rien sauf l'immobilité de l'air, celle même de la planète. Et comme il y a longtemps, au Népal, je découvre un point ignoré, refoulé, dans la photo de Franco Zecchin le visage de la femme n'est pas celui de la femme mais celle de la femme contemplée par le petit lac de sang. Et de cette profonde plasticité qui m'accable j'écoute un message, un cri, mémoire de toute la douleur du monde.