Depuis plus de deux millénaires, l’homme s’interroge sur la nature la plus intime de la matière. Au départ, il a cru en l’atome indivisible de Démocrite. Et surprise : la notion a perduré. Au passage, elle s’est enrichie d'un cortège de sous-structures et de corpuscules associés - électrons, noyaux, neutrons, protons, quarks, gluons… Cette découverte constitue l'un des acquis majeurs du XXe siècle. Depuis, des milliers de chercheurs sondent l'infiniment petit aux hautes énergies. Désormais, leur modèle standard se base sur une douzaine de particules élémentaires seulement, ainsi que quatre forces fondamentales. Mais bien des énigmes subsistent.
Que se cache-t-il derrière le vocable de masse?
Quelles seront les étapes ultérieures – supersymétrie ? unification ? supercordes ? – à jalonner le long chemin vers une construction plus complète?
Sur ces mystères, le Grand collisionneur de hadrons, en construction à Genève (Suisse), devrait lever un coin du voile à partir de 2007. Dans les secrets de la matière Au début régnaient "l’eau, la terre, l’air et le feu…" Selon les Grecs anciens, dont Empédocle d’Agrigente (495-435 ans avant notre ère), notre Univers se serait ramené à quatre éléments seulement. Depuis, des générations de savants se sont penchées sur la composition la plus intime de la matière. Chacune y est allée de son interprétation. Mais rien n’y fait. Les belles idées du départ sont restées. Notamment, le recours au concept d’atome – indivisible et minuscule, inventé par Démocrite (460 - 370 avant notre ère) – demeure. En 1869, le Russe Dimitri Mendeleïev a élaboré sa classification des éléments chimiques afin de rendre compte des propriétés des corps purs. Puis en 1911, le Britannique Ernest Rutherford, lauréat du prix Nobel 1908, a proposé son premier modèle "planétaire" de l’atome - les électrons, porteurs d’une charge électrique négative - gravitent autour du noyau chargé de manière positive. C’est peu dire qu’à l’époque l’existence de cet objet infime censé mesurer un dix-millionième de millimètre de diamètre était contestée ! Pour preuve, l’Autrichien Ludwig Boltzmann n’a pas supporté le scepticisme à son encontre. L’histoire retiendra cependant que lui-même, ses prédécesseurs et son école avaient raison. L’exploration de l’atome et de sa floraison de sous-structures a suscité l’une des plus folles aventures de la connaissance humaine au XXe siècle.
Pierre Gentelle tenait une chronique (les lettres de Cassandre) sur le site internet des Cafés géographiques, animés par Gilles Fumey. Voici par exemple ce qu'il écrivait en juin dernier à propos du terrorisme au Sahel et du livre de Jean-Christophe Rufin Katiba : "Les ingrédients du roman géographique, sorte de Sahara, nid d’espions, sont bien là ; tout y est comme dans une revue de détail militaire : la katiba, groupe de militants islamistes se jouant des frontières désertiques entre Mauritanie et Mali, dans un paysage âpre, sauvage, grandiose et coloré (leitmotiv de l’orientalisme conservateur) ; la jeune veuve d’un ancien consul en Mauritanie, pulpeuse, dure et secrète, instable sous la carapace, manipulatrice des frustrés du Quai qui n’ont jamais accès au service action de la DGSE ; l’inévitable officine privée d’espions étatsuniens, cow-boys à peine identifiables avec leurs stetsons et de détestables habitudes d’enwhiskysation. Et aussi la nouvelle connexion entre musulmans pakistanais et européens, que sanctifie une sorte de franchisation des réseaux à label Al-Qaida."
lire le blog de Jean-Dominique Merchet --->
lire les Lettres de Cassandre, blog de Pierre Gentelle --->
I: La Chine au centre du monde
II: La Chine Impériale
Mais très vite, avec la création de l'Empire, au début de notre ère, de moins 221 jusque vers 400 à peu près, une deuxième vision apparaît, une vision plus réaliste. Ces gens étranges qui étaient autour, on leur donne des noms. On s'aperçoit qu'ils ont des noms : les Huns, les Qiang, les Rong, les Di, les Man un peu partout autour du centre chinois, et ce centre chinois on le protège avec la grande muraille.
III: La Chine dominante
Mais on va également s'étendre culturellement vers la Corée, le Japon, le Vietnam. La Chine est dominante, elle est toujours le centre du monde, tout au moins elle le pense. Elle a des relations avec l'occident, par la route de la soie mais elle n'y va pas. Elle a un début de relation avec les mers de Chine du sud mais elle n'y va pas non plus. Elle est dans son territoire et elle est à l'aise. Elle essaye de maîtriser tous les gens qui sont aussi dans son territoire et qui ne sont pas les Ran.
IV: La Chine au XIéme siècle
Les barbares vont entrer tellement, que si vous voulez, nous allons sauter quelques péripéties et une dizaine de siècles. On arrive au onzième siècle qui est dramatique : tous les barbares sont entrés en Chine, ils ont conquis tout le nord de la Chine, et le centre de la Chine se trouve repoussé sur la côte, à Hangzbou, que visitera Marco Polo, et la Chine au contraire se développe vers le sud. C'est là qu'elle commence véritablement à envoyer des commerçants vers les mers de Chine du sud pour aller conquérir de nouveaux espaces. Cette Chine là n'est pas fermée. Elle est ouverte sur la mer mais elle a perdu le nord, donc elle a perdu une partie de son territoire.
V: Les Ming 1368 - 1644
Nankin c'est "Naïti" la ville du sud. "Peïti" c'est la capitale du nord.
Et à la fin de cette période, arrive une chose surprenante au moment où la Chine a reconquis son centre : c’est le débarquement, à Macao, en 1557, de gens étranges, les portugais. La Chine ne sait pas encore que cela va être un drame pour elle. Le drame, arrive.
VI: L'époque coloniale, 1840 - 1949
Ça ouvre déjà sur 1911 et évidemment, cette révolution de 1911 est une révolution ratée. Et ça abouti à 1949, où la Chine essaye de se récupérer.
VII: La Chine maoïste, 1949 - 1972
C’est à ce moment là que, ne pouvant pas trouver les américains qui eux font le blocus de la Chine, depuis 1951, avec la guerre de Corée et qui sont véritablement le monde opposé, elle va chercher le tiers-monde. Évidemment, elle ne le trouve pas, parce que le tiers-monde, ce n'est pas une grande puissance.
VIII: Les alliances chinoises
Et à ce moment là, elle comprend qu'elle doit se tourner vers les États-Unis, d'où le grand changement de 1972 : Nixon est invité à Pékin. C'est une énorme surprise. La Chine a changé de monde pour se reconstruire, elle a compris qu'elle devait faire alliance avec les Américains, finalement contre les Russes.
D'où la réforme économique de 1977, juste un an après la mort de Mao. Les deux choses sont liées, mais d'une manière un peu indirecte. À ce moment là, la Chine ayant choisi son camp, elle ne peut pas prévoir que l'URSS va s'effondrer et va disparaître en 1991. Mais elle a quand même bien choisi son camp.
Alors aujourd'hui, elle a un territoire, justement, qu'on est obligé de montrer en deux cercles décalés, parce qu’elle a un territoire qui est son territoire réel, qui ne lui plaît pas, dans lequel elle a des problèmes avec des gens qui ne lui plaisent pas : les Tibétains d'abord, les Ouigours, les Turcs ouigours, les Kasakbs, les Mongols ou ce qu'il en reste. Donc tout cet ouest chinois qui n'est pas véritablement un territoire mais qui l'intéresse.
IX: Les reconquêtes
En revanche, elle a à conquérir, reconquérir si vous voulez, tout le territoire de sa civilisation, qu'elle a prêté à une partie du monde, c'est à dire : Les deux Corée, le Japon, le Vietnam, l'Asie du sud-est, éventuellement tout ce qui se trouve dans les mers de Chine du sud. Elle doit essayer de reconstituer un monde à partir de son centre. Mais son centre à elle, c'est devenu la côte uniquement, aujourd'hui.
X: La Chine aujourd'hui