Culture, Sciences Po, Pierre Bénichou
Pierre Bénichou a publié le 12 janvier 2012 un article polémique sur les Nouvel Obs. Je suis tombé sur cet article à l'instigation de mon ami Jean Schoenlaub: il se demandait qui écoutera une remarquable conférence d’ Yves Bonnefoy à propos de Pourquoi Baudelaire? (Collège de France, 10 janvier 2012) dans dix, vingt ans. Jean pense, et moi aussi, que l'article de Bénichon est à lire, absolument. La réaction des étudiants de Sciences Po et des responsables de l'École décrite par Bénichon est affligeante pour beaucoup d'entre nous.
Peut-on dire encore que "la langue note" ou que "la culture générale est sacrée"? Erri de Luca a dit récemment que pour les nouvelles générations l'histoire semble commencer avec elles -à différence de la sienne, qui se sentait héritière de quelques unes dans le passé. Bien sûr que entre les récits du monde qu'on se faisait dans les années 1960-70 et ceux qui sont proposés aujourd'hui aux nouvelles générations il n'y a pas de ponts, que les instruments et les formes de la transmission sont inexistantes. Mais c'est aussi peut-être vrai que les nouvelles n'ont pas par elles mêmes coupé les liens: le monde qu'elles habitent, la langue qu'elles parlent, la société qu'elles souffrent et dans laquelle elles doivent trouver une place, tout ça est en grand mesure la construction des générations précédentes.
Voici l'article de Pierre Bénichou (mauvaise copie, avec la seule intention de le trouver sur l'édition papier du Nouvel Obs), chronique d'une question ouverte.




